J3 : Partir d’expériences vécues pour développer une éducation non sexiste

CEMEA – Mercredi 30 octobre

À partir de différents supports, mais également d’échanges, notamment autour de situations vécues, nous développerons une réflexion visant à déconstruire nos représentations sexistes, découvrir des pratiques d’éducation non-sexiste, conscientiser l’impact des stéréotypes de genre dans le développement des inégalités.

Témoignage : « Mais où sont les hommes ? »

Chaque personne entre, s’assoit, s’installe puis marque un temps d’arrêt pour faire un tour de salle du regard et bien s’assurer que, oui, effectivement, nous ne sommes que des femmes sur ces chaises. Marion Jaslier et Thomas Albarran sont les deux animateurs, et ce dernier sera le seul homme présent. Nous n’en croyons pas nos yeux, la situation immortalisée, l’atelier peut commencer, le thème est déjà posé.

Entre professionnelles de l’éducation, de la vie associative, lanceuses de projets à visée non sexistes, professionnelles de ces questions-là ou justes curieuses, de toutes les générations, ces femmes vivent le sexisme tous les jours, comme les hommes, et cherchent à y remédier.

Charge mentale, culture du viol, entre inné et acquis, biologie ou construction sociale, jeux et jouets, harcèlement au travail, harcèlement de rue, justice, lois, droits, sentiments, testostérone, commissariat larmes, web, écoles et cours de récréations, sexisme intégré, mixité, consentement, panneaux, marketing, théorie du genre, homophobie et même w.c. publics sont interrogés  !

Nous sommes invitées à écrire nos expériences dans la vie personnelle, avec le public dans le cadre du travail et dans la vie professionnelle, se rapportant au sexisme. Nous prenons conscience que nos expériences personnelles ne sont pas si individuelles que cela. Remarques lourdes, stéréotypes, attouchements, agressions mais aussi viols sont abordés.

  • «  Pour certains collègues je suis «  La Miss  » et je suis incapable de porter seule une charge physique  »
  • «  Observer les filles ne pas vouloir aller jouer sur le terrain de foot, approprié par les garçons  »
  • «  Entendre une amie parler de viol conjugal comme si ce n’était pas grave  »
  • «  Nous avons instauré un pedibus pour nous raccompagner de nos soirées  »
  • «  Voir des enfants jouer des scènes de violences, de viol  »

Notre rôle est de nous défendre mais aussi d’attaquer ce sexisme et ce système, nous devons être conscientes du problème pour lutter contre. Peut-on mettre cette phrase au masculin pour le coup  ? Nous avons la responsabilité en tant que femmes, éducatrices, professeures, militantes, animatrices, mères, sœurs, amies, d’éduquer et de protéger les jeunes contre tout ça.

Après les partages, les réflexions, les questions, la compassion vient le temps de trouver des solutions, des leviers pour agir  :

  • Éduquer au consentement, éduquer à la sexualité
  • Savoir répondre en tant qu’éducatrice-professeure et dans la vie de tous les jours, aux remarques, blagues et sous-entendus
  • Apporter des initiatives sur son lieu de travail
  • Poser des questions aux enfants, les faire réfléchir sur leurs comportements, les plus basiques qu’ils soient
  • Imprimer un clitoris en 3D
  • Ne pas se faire la guerre entre hommes et femmes
  • Sensibiliser les hommes, leur faire comprendre leur place (apparemment dès la Biennale  !)

Bref, parmi les graines plantées, les projets lancés, ceux en cours de réflexion, l’espoir et l’envie présente, il est clair que l’Éducation nouvelle a son rôle dans la construction d’une éducation non sexiste.

Tout un système est à changer, et cela commence par toi, moi, nous.

 

Élise

 

Pour en savoir plus  : Jouer pour vivre : http://www.jouerpourvivre.org

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