J3 : Les droits de l’enfant à l’école – Pour une éducation à la citoyenneté participative

Nous fêtons les 30 années de la convention internationale des droits de l’enfant. L’exercice réel des droits de l’enfant, au sens où la convention l’entend, soit tous les moins de 18 ans, est loin de s’appliquer en toute circonstance. Quand un droit ne s’applique pas à tous et toutes, il devient un privilège… Dégradation économique, un nombre de plus en plus important d’enfants mal nourris, mal logés, maltraités, vivant dans la peur d’être déplacé, expulsé. On peut imaginer que le réchauffement climatique va accentuer ces problématiques. Quid de l’exercice du droit des enfants en Grèce ? plus près de nous des mineurs étrangers isolés ? Et encore plus près de nous quid de leur droit à s’exprimer, à donner leur avis, à décider ?

Jean Le Gal nous rencontre aujourd’hui pour défendre les droits de l’enfant. Il a commencé à militer avec Freinet. Et il défend aujourd’hui la participation démocratique des enfants, et leur droit de défendre leur droit. Derrière la démocratie participative, il y a une dimension politique de la participation des jeunes. Cela revient à ce questionnement : qu’est-ce que c’est la citoyenneté ? Quelle citoyenneté nous défendons ? Avant de défendre la citoyenneté, il faudrait déjà savoir de quoi on parle ? Dans les textes de l’éducation nationale : il est bien question de cet être citoyen. A l’école, on organise des semblants de débats et des semblants de participation, est-ce de réelles participations ? Comment peuvent-ils exercer leurs droits pour être libres et autonomes ?

Incohérence entre les pratiques autoritaires à l’école et les pratiques de défense des droits dans la société. Il serait démagogique de laisser croire par contre aux enfants qu’ils peuvent décider de tous. Il est important de définir les domaines où ils peuvent décider seuls, les domaines où ils peuvent décider avec les adultes, et ceux qui ne sont pas négociables ni pour les uns, ni pour les autres. ça va bien dans les deux sens. Les adultes doivent garder une autorité, et il se doit de respecter lui même les décisions qu’il a décidé. -> conception démocratique de l’autorité. Les adultes font partie de la collectivité, ils ne sont pas simplement au service des enfants. Entre l’autoritarisme et le laxisme : une démarche démocratique où chacun aura des droits, et devra aussi répondre de ses actes. Nous ne sommes pas au clair sur le démocratique dans nos espaces collectifs. La recherche doit continuer.

Pourquoi le choix d’une citoyenneté et d’une démocratie participative ? Qu’est-ce qui justifie cette participation des enfants aux décisions qui les concernent ? 1791, comité public de la révolution : promeut une éducation nouvelle pour introduire à la société nouvelle : vers une coopération dans la classe, agir pour accompagner les prises de décisions. Un citoyen participatif est un citoyen actif et responsable qui doit être capable de proposer des projets, s’associer au débat, et aux prises de décisions à propos des règles décidées pour le collectif. Ceux qui détiennent le pouvoir doivent accepter de le partager. L’enfant et l’homme sont capables d’organiser leur vie pour l’avantage de tous.

La participation nécessite un apprentissage par la pratique. Les niveaux de participation donnent plus ou moins de pouvoir, une échelle de participation peut avoir plusieurs niveaux, mesurant la citoyenneté : l’information, premier niveau, la consultation, deuxième niveau, la concertation ou co-construction et puis la participation au pouvoir de décision. Un budget existe pour financer la participation dans les villes. Quel est la place des enfants dans ces projets ?

L’enfant est-il un citoyen ? Conseil de l’Europe, il doit être considéré comme un citoyen à part entière. 2011 : droit à la démocratie participative. Qu’est-ce qui légitime cette démocratie participative ? Énormément de pédagogues, de libertaires. Mais un paradigme différent existe en pratique. Il n’est pas intéressant de former des personnes qui pourraient contester, sur le terrain. Convention des droits de l’enfant : des citoyens libres et égaux en droits, de donner leurs avis sur toutes les décisions les concernant. Sur la ville : sur toutes les décisions politiques.

Ce qui est paradoxale : des adultes réclament une participation réelle, et les enfants ont ce droit qui n’a jamais été reconnu aux adultes ! Changement radical de pensée de l’individu, mutation… Il est normal qu’il y ait des résistances, de la part des adultes, et des pouvoirs publics. Les enfants ne seraient pas assez mûres, ils n’auraient pas les capacités intellectuelles de réfléchir sur ce qui est bien pour eux. Grille d’analyse de participation : pour que les choses soient claires. Cf photo.

Comment l’adulte répond de ses transgressions ? Ex d’une famille où le conseil de famille avait décidé qu’on ne mangerait pas de chocolat après le repas du soir, papa a été pris en flagrant délit d’en manger au fond du jardin. Le conseil de famille a donc décidé d’une sanction et d’une réparation. Cf expérience en 2002 dans une école Freinet, à Nantes : « Comment associer les enfants aux décisions ? Comment organiser un conseil de famille ? Quelles responsabilités confier aux enfants ? Quels droits et quelles libertés reconnaître à tous ? Quelles limites et obligations instituer ? ». « Ils me sollicitent pour les accompagner. Mais je n’ai aucune expérience concernant les approches dans la famille, ni même l’accompagnement des parents. Je leur propose donc que nous expérimentions les principes et les pratiques que leurs enfants connaissent déjà : participation au conseil par le processus participatif décisionnel (proposer – discuter – décider – appliquer – évaluer), partage des tâches et des responsabilités, recherche des droits et des libertés pour chaque membre de la famille, mise en place d’une discipline éducative. C’est évidemment un vaste « chantier démocratique » que chacun abordera à son rythme car les questions seront nombreuses. Chemin faisant, nous créerons ensemble les démarches, les techniques et les outils d’une réelle démocratie familiale que nous pourrons faire connaître à d’autres parents de l’école et d’ailleurs. » -> http://cairn.doc.institutsaintsimon.com/revue-la-revue-internationale-de-l-education-familiale-2017-1-page-119.htm

Comment responsabiliser ? Des délégués ? Formés par des mouvements pédagogiques, une formation réservée leur permet de prendre la parole, d’écouter, d’entendre ? Mais pourquoi ces formations n’appartiennent qu’à la minorité ? Le responsable du jour ? Quand il y a un problème au lycée expérimental de Saint Nazaire : les adultes se réunissent, les enfants se réunissent, et deux représentants sont envoyés pour qu’ils discutent ensemble.

Que faut-il faire ? Une réponse à dialoguer entre enfants et adultes, à mettre en recherche : 

  • Mettre en place une coopération entre tous les acteurs pour une co-éducation citoyenne.
  • Inclure la formation des enfants à la défense de leur droit.
 
Propos recueillis par Chloé Cnl
 

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