Débats

Débattre ensemble. Il est toujours des sujets d’actualité, des enjeux politiques et éducatifs sur lesquels nous réfléchissons au sein de nos organisations respectives. Passer d’une logique de travail propre à chaque mouvement pour élargir les approches et enrichir les points de vue, constitue l’un des trois piliers de nos ambitions. Quatorze débats seront proposés dont vous retrouverez la liste ci-dessous. Notre organisation rendra possible la mise en oeuvre de débats dont les thématiques, proposées par les participant.e.s naîtront des premiers échanges.

Vendredi 3 novembre – 10h30 / 12h30

Au-delà des murs de l’école ?

Un principe de l’Éducation nouvelle est celui d’appréhender l’éducation dans toutes les situations de la vie d’un enfant ou d’un jeune. Depuis plus de 30 ans, les projets d’école, les projets éducatifs, les PEDT plus récemment dans la loi de refondation, ont amené la « communauté éducative » à mettre en place les articulations et synergies nécessaires pour qu’en effet les apprentissages valorisés ne soient pas que le produit de l’école. Certains projets comme le départ en Classe de découverte ou les CLAE (Centres de loisirs associés à l’école), des actions qui associent la famille, le quartier, ont fait la preuve de ces plus-values. Qu’en est-il réellement pour les militants de l’Éducation nouvelle ? Quels sont selon nous, les leviers et les limites de cette philosophie d’action ?

Reconnaître les droits de l’enfant

La Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE) a été adoptée par les Nations Unies le 20 novembre 1989 et ratifiée par la France en 1990. En la ratifiant, chaque État s’est engagé à respecter tous les droits qui y sont énoncés : droits politiques et droits protecteurs. Protéger tout en émancipant, telle est la responsabilité des adultes qui pourtant connaissent bien mal la CIDE (une petite moitié d’entre eux). De plus, seulement un tiers des jeunes savent qu’elle existe, quant à son contenu… Pourquoi une telle méconnaissance ? Comment changer la situation ? Protéger oui, mais accorder des droits politiques, c’est autre chose, qu’est ce qui fait peur aux adultes, aux institutions ?

Quelle place pour la parole des jeunes ?

La prise de parole orale nous semble significative de la place et du rôle que l’on accorde aux jeunes dans le système éducatif. Donne-t-on réellement la parole aux jeunes et la prennent-ils ? Les considère-t-on comme des « interlocuteurs valables » (J. Lévine) ? On peut réfléchir sur les différents statuts de cette parole dans et hors l’école, entre obligation, encouragement et interdit.

Les pédagogies nouvelles et les neurosciences

« Les neurosciences nous disent que… » : voilà le genre de début de phrase qui font craindre le pire. Tout autant que des affirmations du type « les neurosciences n’ont rien à nous dire sur les manières d’enseigner ». N’y a-t-il pas un bon usage des neurosciences, en termes d’éclairage et non de prescriptions ? En évitant les instrumentalisations et les conclusions hâtives. Et quelle formation des enseignants, mais aussi peut-être… des élèves ?

L’Internationale de l’Éducation nouvelle

La dimension internationale est une donnée singulière de l’histoire de nos mouvements. Elle a été pensée dès l’origine dans chacun des mouvements d’Éducation nouvelle. Ainsi les associations d’Éducation nouvelle introduisent une réflexion sur le rapport et la place de l’autre dans une visée d’égalité entre les peuples, les hommes et les femmes. Le débat s’orientera autour de trois prismes d’analyse. Le premier interrogera la dimension historique de cette perspective internationale. Le deuxième est pédagogique puisque dans la relation éducative l’égalité est essentielle. La dernière dimension est politique.

À travers l’éducation, nous désirons une transformation de l’organisation sociale et des rapports entre les pays et les individus qui les composent.

L’autonomie, oui, mais quelle autonomie ?

Les mouvements d’éducation nouvelle sont favorables à l’idée d’autonomie, c’est même un de leurs objectifs que de vouloir une école où les acteurs puissent agir de façon horizontale et où les élèves aient leur mot à dire dans des établissements fonctionnant de manière collective. Ce n’est pas toujours ainsi, loin de là, que se conçoit l’autonomie dans bien des discours actuels, entre conception très libérale ou autonomie réduite à celle de chefs locaux. Un débat pour y voir plus clair et pour savoir quelle autonomie nous défendons.

Quelle relation entre chercheurs et praticiens de l’Éducation nouvelle ?

Deux logiques s’affrontent souvent entre des pratiques de terrain et un discours savant alors qu’elles devraient être complémentaires d’une professionnalisation qui s’y adosse. À quoi sert la recherche (en sciences de l’éducation notamment) sans une médiation entre savoirs construits par des observateurs extérieurs et les pratiques dont les mobiles sont à expliciter ?

Comment installer cette liaison nécessaire entre pratique et recherche, dans le cadre de l’Éducation nouvelle, pour que ces « deux mondes » s’enrichissent mutuellement ?

Samedi 4 novembre – 9h / 10h30

Écoles alternatives, dans le public aussi ?

Inspirées par les principes pédagogiques de l’Éducation nouvelle, les écoles privées ont toujours existé, mais depuis deux ans, le nombre d’ouvertures explose. Un marché juteux pour certaines écoles privées très connues et pour les médias. Pourquoi ? Réponse aux effets du système éducatif (décrochage, souffrance, phobie scolaire…) ; évitement de certains établissements trop populaires ; recherche d’épanouissement individuel grâce à des méthodes pédagogiques différentes ; etc. Ce développement du privé ne révèle-t-il pas les insuffisances de notre système éducatif ? L’École publique pour tous les enfants est-elle en danger ? Ne deviendra-t-elle pas l’école des milieux défavorisés ?

Quelle laïcité à l’école ?

Le mot « laïcité » recouvre plus que la « séparation des Églises et de l’État » : c’est le rapport des multiples croyances au savoir et par conséquent la concurrence de ce qui fait autorité. Si le danger est bien le dogmatisme, la rencontre et la confrontation dans la recherche n’en sont-ils pas l’antidote ? Mais le débat lui-même y suffira-t-il ? Et l’école peut-elle faire face à ces interrogations par les seuls Enseignement Moral et Civique et Enseignement Laïque des Religions ?

L’Éducation nouvelle et le collège du XXIème siècle

De nouveaux dispositifs, un nouveau fonctionnement des collèges ont émergé ces dernières années. On a dit (en positif comme en négatif) que cela avait été inspiré par l’éducation nouvelle. Quelles leçons tirer d’une année de mise en place de l’interdisciplinarité, des cycles, des programmes curriculaires, de l’accompagnement personnalisé ? Comment avancer maintenant, malgré certains retours en arrière, en utilisant marges de manœuvre et espaces d’autonomie ?

Marchandisation de l’éducation

La dernière décennie a été marquée par une croissance sans précédent des acteurs privés dans l’éducation qui est sur le point de transformer en profondeur les systèmes éducatifs. Quelles sont les formes de cette privatisation et marchandisation de l’éducation ? Quels sont les moyens de lutter pour défendre l’éducation comme un bien commun ? À quels niveaux ce processus entre-t-il en contradiction avec les principes de l’Éducation nouvelle que nous défendons.

Le numérique, privation des libertés ?

L’objet de ce débat est de réinterroger la place du numérique comme objet social, politique et philosophique dans nos pratiques pédagogiques. « Le numérique » n’est pas neutre. Les logiciels, les services proposés par les grandes industries du numérique, pour lesquelles l’éducation est un marché, imposent une vision contraire aux pédagogies émancipatrices. Face à ce « numérique » privateur de libertés, quels sont les enjeux politiques pour nos mouvements d’une approche du numérique libre, collaborative, respectueuse de l’individu ?

« L’Éducation nouvelle… Toujours nouvelle ! »

Dans l’école, au sein même de la classe mais aussi dans les champs de la psychiatrie, du travail social ou de la culture, dans les temps libérés, ici et ailleurs dans le monde, les militant.e.s de nos mouvements agissent, mettent en acte les valeurs et les principes de   l’Éducation nouvelle. Ils le font aujourd’hui comme ils l’ont fait hier dans des contextes politiques, sociétaux différents, assumant chaque jour de situer leurs pratiques dans une approche se démarquant des pensées dominantes. Autres temps, autres contextes, mais quelle(s) histoire(s) ! Ce carrefour permettra aux plus ancien.ne.s d’entre nous de situer les conquêtes de demain dans la continuité de celles d’hier.

Mixité sociale : plus loin que les intentions, l’action

L’un des piliers de l’Éducation nouvelle est de considérer le milieu, le contexte comme une dimension importante, constituante pourrait-on dire de la démarche à construire pour que celle-ci soit potentiellement éducative. Ainsi travailler dans un milieu urbain ou rural, dans un centre de loisirs d’une petite école du Limousin ou exercer en réseau d’éducation prioritaire à Poitiers est une des dimensions à travailler par et pour l’Éducation nouvelle. Le potentiel de richesse qu’apportent les habitants d’un territoire à la conception du projet d’école ou du projet éducatif territorial est constitutif de notre ambition. À Poitiers, les acteurs et actrices réfléchissent avec la collectivité dans un contexte de fusion de deux écoles à mixer socialement les publics pour plus d’intégration : pari ambitieux au service de la réussite de tous ou péril imminent pour l’éducation de ces enfants ?